Jeudi 21 février 2008
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14:18
Cela faisait un mois que nous en parlions, cela faisait un mois que nous l'attendions, Benk et moi, notre première partie de "1960 : The Making of the President".
Inutile de s’appesantir sur le thème, celui-ci est exceptionnellement enthousiasmant, même pour quelqun comme moi qui n’ai jamais été franchement conscientisé politiquement parlant. Et puis
lorsqu'on vit en Belgique, il n'est pas facile d'y comprendre grand chose, à la politique, surtout que l'on vient d'atteindre cette année l'apogée en matière de surréalisme à la belge
justement. Quoi qu'il en soit, j'ai lu assez d'écrivains américains et regardé depuis assez longtemps Arte pour me faire une idée suffisante des enjeux en jeu dans ce jeu.
Bref, après tirage au sort, Benk incarna l'éléphant républicain Nixon, et
moi l'âne démocrate Kennedy.
"1960 : ...." fait partie de la famille des "card driven games" des jeux la plupart du temps lourds et à réserver à un public de joueurs avertis; ce n'est pas le cas ici, le système est rapidement
assimilable, les cartes, à
la base de la mécanique, ne peuvent s'utiliser
que de deux façons, soit en tant qu'évènements, soit en points de campagne. Attention, le jeu est tout de même extrêmement riche et ouvert, agrémenté, en plus du jeu
des cartes, de
plusieurs système subtils tactiquement et stratégiquement parlant, que je ne décrirai pas, cela alourdirait inutilement ce compte-rendu, et puis je n'ai pas trop de temps à perdre si je veux
réussir à ouvrir "Les Chroniques Ludiques" au mois de mai.
Passons rapidement en revue le matériel, un plateau sobre et efficace, des cubes en bois, de chouettes grands pions en cartons représentant les candidats, mais surtout un paquet de cartes sublimes,
illustrées par de magnifiques photos d'époque et soulignées d'un "flavour text"; du bel ouvrage en somme.
Notre partie approcha les quatre heures; quatre heures palpitantes et intenses, sans temps mort ni pitié. Pour ma part, j'ai finalement ressenti ce jeu comme un gros jeu de majorité, je l'ai
vécu tel un El Grande "on steroids " comme disent les ricains. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'ensemble est vicieux et terriblement violent. Lors du premier tour j'ai
facilement pris de l'avance grâce à une excellente main de cartes et à une erreur fatale de Benk, après quoi je suis même parvenu à prendre le fief californien de Nixon. Puis la vapeur
s'est lentement mais sûrement inversée, Nixon, pardon Benk, misant sur le contrôle absolu des médias, lesquels me mirent perpétuellement des bâtons dans les roues et lui permirent de reconquérir
facilement son fief. Vint alors, entre le tour 6 et 7, le moment du grand débat télévisuel, au cours duquel je me suis ramassé une jolie morflée. Je tentai le tout pour le tout lors des
deux derniers tours, grâce à une carte évènement particulière, autorisant le joueur contrôlant le Connecticut à reprendre un grand avantage en Californie lors du jour des élections. Ce fut alors un
combat à mort pour le Connecticut, que je parvins à contrôler envers et contre tout; mais cela ne suffit pas, Benk ayant toujours une trop grande emprise sur les médias. Tout ça pour dire que
la partie se révéla tendue jusqu'au dernier moment et que j'ai déja exigé ma revanche.
Un jeu plus qu'excellent donc, mais qui nécessite plusieurs parties pour s'habituer aux nombreuses cartes et angles d'attaque ou de défense.
N'oublions pas de préciser que le jeu est entièrement en anglais et qu'une connaisance moyenne de cette langue est nécessaire pour pouvoir y jouer.
À ce propos, pour mes éventuels probables futurs clients que cela intéresserait, "Les Chroniques Ludiques" auront un espace spécialement dédié aux jeux anglophones dont aucune traduction n'est
prévue par un éditeur francophone; évidemment, "1960 : The Making of the President" fera partie du lot.
Score Final :
Benk (Nixon) : 285
Angelo (Kennedy) : 242 (Damned !)
Voilà, j'ai épuisé le sujet mais pas mon stock de photos :
Par Angelo Curatolo
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Publié dans : Comptes-rendus de parties
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